Gingembre : pourquoi en consommer trop peut devenir un problème pour votre santé

Gingembre : ses bienfaits, ses limites et les précautions à connaître

On le glisse dans nos tisanes, nos smoothies, nos plats mijotés, nos jus détox et même parfois dans nos petits rituels beauté… Le gingembre est devenu un incontournable du bien-être féminin.

Cette racine au goût piquant et légèrement citronné possède une longue histoire d’utilisation traditionnelle. Aujourd’hui, elle est également étudiée par la recherche scientifique, notamment pour son intérêt potentiel sur les nausées et certains troubles digestifs.

Mais comme souvent avec les aliments présentés comme des « superaliments », il faut faire la différence entre les bénéfices réellement étudiés et les promesses parfois exagérées sur les réseaux sociaux.

Car oui, le gingembre peut avoir des effets intéressants. Mais cela ne signifie pas que plus on en consomme, plus on en retire de bénéfices.

Au contraire : à forte dose, sous forme de complément alimentaire ou chez certaines personnes prenant des médicaments, il peut provoquer des effets indésirables ou soulever des questions d’interactions.

Alors, comment profiter du gingembre sans en faire trop ? Voici ce qu’il faut vraiment savoir.

Le gingembre : pourquoi cette petite racine fait autant parler d’elle ?

Le gingembre, dont le nom scientifique est Zingiber officinale, est utilisé depuis des siècles dans différentes traditions culinaires et médicinales.

On consomme principalement son rhizome, c’est-à-dire la partie souterraine de la plante. Frais, séché, râpé, réduit en poudre, infusé ou incorporé dans des préparations culinaires, il peut prendre de nombreuses formes.

Son goût caractéristique vient notamment de plusieurs composés bioactifs, dont les gingérols.

Ces substances sont étudiées pour leurs propriétés antioxydantes et leurs interactions avec différents mécanismes biologiques de l’organisme.

Mais il est important de garder les pieds sur terre : le fait qu’une substance possède une activité biologique ne signifie pas automatiquement qu’elle prévient ou soigne une maladie.

Le gingembre est avant tout un aliment et une épice intéressante, et certaines utilisations ont été davantage étudiées que d’autres.

Le gingembre peut-il vraiment aider contre les nausées ?

C’est probablement l’un des domaines dans lesquels le gingembre dispose des données les plus intéressantes.

Des recherches ont notamment étudié son utilisation contre différents types de nausées et de vomissements. Le gingembre pourrait être utile pour soulager les nausées liées à la grossesse, et plusieurs études ont observé un effet favorable.

C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on retrouve souvent le gingembre dans les conseils alimentaires destinés aux personnes souffrant de nausées.

Une petite infusion de gingembre, quelques lamelles fraîches dans de l’eau chaude ou une quantité modérée incorporée dans les repas peuvent constituer une façon simple de le consommer.

Mais attention : cela ne signifie pas qu’il remplace un traitement médical lorsque les nausées sont importantes.

Des vomissements répétés, une impossibilité de boire, une déshydratation ou des nausées particulièrement sévères nécessitent un avis médical.

Et pour la digestion ?

Le gingembre est traditionnellement utilisé pour les troubles digestifs et les inconforts gastro-intestinaux.

Certaines personnes trouvent qu’une infusion de gingembre après un repas lourd aide à se sentir moins ballonnées ou plus à l’aise.

Son utilisation dans ce contexte est notamment liée à ses effets potentiels sur le système digestif.

Mais là encore, il ne faut pas transformer une sensation de confort digestif en promesse médicale.

Si les ballonnements, douleurs abdominales, brûlures d’estomac ou troubles digestifs sont fréquents ou persistants, mieux vaut rechercher leur cause plutôt que de simplement multiplier les tisanes.

Une épice intéressante grâce à ses composés antioxydants

Le gingembre contient plusieurs composés bioactifs qui présentent des propriétés antioxydantes étudiées en laboratoire.

Les antioxydants sont des substances capables de participer à la protection des cellules contre les dommages provoqués par certaines molécules instables appelées radicaux libres.

C’est l’une des raisons pour lesquelles le gingembre est régulièrement associé à une alimentation « anti-inflammatoire » ou équilibrée.

Mais il faut éviter un raccourci très courant : un aliment possédant des propriétés antioxydantes n’est pas pour autant un médicament contre l’inflammation ou une maladie chronique.

Une alimentation globalement variée, riche en fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes et autres aliments nutritifs reste beaucoup plus importante que la consommation d’un seul ingrédient.

Le gingembre et les douleurs : que peut-on vraiment dire ?

Le gingembre est également étudié pour différentes formes de douleurs, notamment les douleurs menstruelles et certaines douleurs articulaires.

Des recherches suggèrent un intérêt potentiel dans le soulagement des douleurs menstruelles, mais les résultats scientifiques ne permettent pas de présenter le gingembre comme un traitement universel de la douleur.

Concernant l’arthrose et les douleurs articulaires, les données restent également imparfaites et certaines synthèses de recherche concluent que les preuves sont encore insuffisantes pour tirer des conclusions définitives.

Autrement dit, ajouter du gingembre à son alimentation peut être parfaitement raisonnable, mais il ne faut pas arrêter un traitement prescrit simplement parce qu’une publication sur Internet affirme que cette racine « remplace les médicaments ».

Quand une consommation excessive peut-elle devenir désagréable ?

C’est ici que le fameux « naturel = sans danger » montre ses limites.

Le gingembre est généralement bien toléré lorsqu’il est consommé dans l’alimentation, mais certaines personnes peuvent développer des effets indésirables, particulièrement avec des quantités importantes ou des compléments concentrés.

Parmi les effets possibles figurent :

  • les brûlures d’estomac ;
  • les remontées acides ;
  • les douleurs ou gênes abdominales ;
  • les diarrhées ;
  • les gaz ;
  • une irritation de la bouche ou de la gorge.

Le NCCIH mentionne notamment les brûlures d’estomac, l’inconfort abdominal, la diarrhée et les irritations de la bouche et de la gorge parmi les effets secondaires possibles du gingembre pris par voie orale.

Et certaines personnes sont tout simplement plus sensibles que d’autres.

Si vous remarquez que votre tisane de gingembre vous donne des brûlures d’estomac au lieu de vous faire du bien, inutile d’insister.

Gingembre et reflux : attention à votre propre tolérance

C’est un détail particulièrement intéressant.

Le gingembre est parfois consommé pour faciliter la digestion, mais il peut aussi provoquer des brûlures d’estomac chez certaines personnes.

Si vous souffrez déjà de reflux gastro-œsophagien, une boisson très concentrée en gingembre peut donc ne pas être la meilleure option pour vous.

Cela ne signifie pas que toute personne souffrant de reflux doit absolument bannir le gingembre.

Il faut plutôt observer sa tolérance personnelle et éviter les préparations très concentrées si elles déclenchent ou aggravent les symptômes.

Gingembre et médicaments : pourquoi faut-il être prudente ?

C’est probablement l’aspect le plus important à retenir lorsqu’on passe d’une simple utilisation alimentaire à une consommation régulière de compléments de gingembre.

Les plantes et les compléments alimentaires peuvent avoir des effets biologiques et certaines interactions avec les médicaments sont possibles.

Le problème est que les données scientifiques concernant de nombreuses interactions entre plantes et médicaments restent limitées ou parfois incertaines.

Des inquiétudes existent notamment concernant une éventuelle interaction entre le gingembre concentré et les médicaments qui influencent la coagulation du sang.

Les personnes qui prennent des anticoagulants ou des médicaments antiplaquettaires doivent donc éviter de commencer une supplémentation importante en gingembre sans en parler à leur professionnel de santé.

Cette précaution est particulièrement importante avant une intervention chirurgicale.

Et avec les médicaments contre le diabète ou l’hypertension ?

On voit régulièrement circuler des affirmations selon lesquelles le gingembre ferait fortement baisser la glycémie ou la tension artérielle.

Il faut être prudente avec ce type de message.

Les effets du gingembre sur différents paramètres métaboliques font l’objet de recherches, mais cela ne signifie pas qu’une consommation alimentaire normale va provoquer une chute dangereuse de la glycémie ou de la tension chez une personne prenant un traitement.

En revanche, lorsqu’on utilise des compléments fortement concentrés, la prudence est de mise.

Si vous prenez un traitement régulier pour le diabète, la tension artérielle, le cœur ou la coagulation, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant de commencer une supplémentation à forte dose.

Le principe est simple : plus le produit est concentré, plus il faut être attentive aux interactions potentielles.

Gingembre frais, poudre, infusion ou gélules : est-ce la même chose ?

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